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99 % : c’est encore trop peu !
La flambée de polio au Tadjikistan : un douloureux rappel de la menace que représente cette maladie
   
REPORTAGES
puce Le Rotary réunit $ 141 millions pour réaliser sa vision
puce Anthony Lake prend la direction de l’UNICEF
puce Bill Gates constate par lui-même les progrès au Nigéria et en Inde
puce La Corne de l’Afrique encore une fois débarrassée de la polio
puce L’Afrique s’unit contre la polio
puce Le Tchad déclare la guerre à la polio
puce La polio en déroute au Nigéria et en Inde
puce Kanu veut bouter la polio hors du Nigéria
puce Le ballon «Kick Polio Out of Africa» a achevé son périple
puce L’Afghanistan et l’Inde mettent hors jeu la polio au tournoi mondial de cricket
   
CONSEILS TECHNIQUES
puce Lorsque traquer le poliovirus revient à chercher une aiguille dans une botte de foin
puce La Région OMS des Amériques achève la phase I du confinement
   
MOBILISATION DES RESSOURCES
puce Le déficit de financement menace les progrès
puce Le message «End Polio Now» illumine le monde
puce Le financement domestique à égalité avec les promesses de don du G8
puce Contributions domestiques pour 2010
puce Publications et ressources sur www.polioeradication.org
puce Évènements
puce Nouvelles contributions/projections reçues pour la période 2010-2012
puce Citation
 
Polio Info [Pdf]



99 % : c’est encore trop peu !


Le 18 juin à Genève, un groupe très divers de parties prenantes a lancé formellement le nouveau plan stratégique 2010-2012 pour l’éradication du poliovirus sauvage, mettant en avant une large palette de stratégies innovantes pour cibler les poches de polio restantes en cours de liquidation.

Compte tenu des progrès historiques enregistrés contre le poliovirus au Nigéria et en Inde, les parties prenantes ont déclaré avec force et sans ambiguïté que l’éradication de la polio ne pouvait échouer - et n’échouerait pas - sur ces derniers mètres par manque de fonds. De telles préoccupations sont néanmoins fondées - le Plan stratégique est déjà menacé par un déficit de financement de $ 1,3 milliard, qui a conduit à diminuer de 25 % les sommes allouées à des activités importantes comme la surveillance de la maladie et à abréger ou à différer des campagnes de vaccination dans les zones exemptes de polio.

Les Ministres de la santé du Nigéria, de l’Angola et du Sénégal, parmi un certain nombre d’autres hauts responsables de la santé, de bailleurs de fonds existants ou potentiels, de fabricants de vaccins et de partenaires clés, se
  sont exprimés lors de ce lancement - co-accueilli par le Directeur général de l’OMS Margaret Chan et le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake, avec la participation du Rotary International, des Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis d’Amérique et de la Fondation Bill & Melinda Gates - et ont fait écho à l’Assemblée mondiale de la Santé, en appelant l’IMEP à mettre en œuvre les nouvelles stratégies avec effet immédiat.

Carl-Whilhelm Stenhammar, Président du conseil d’administration de la Fondation Rotary International, a indiqué que les rotariens étaient «emballés» par le plan. «C’est une feuille de route qui nous guidera pour parcourir la distance finale nous séparant encore de notre objectif : un monde sans polio. C’est une courte distance à parcourir, mais en même temps un défi et les 1,2 million de membres du Rotary se sont engagés à vous accompagner dans cette voie».

Dans une conclusion émouvante, Anthony Lake a indiqué qu’apparemment, la polio opposait sa dernière résistance dans les lieux et parmi les populations les plus oubliés. «Agissons et
  gardons un œil sur les résultats !» a-t-il proposé. «Tous ensemble, nous devons écrire ce chapitre final et fermer pour toujours le livre de la polio. Pour chaque enfant !».

unicef whokpoaChris Black/OMS

Le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake et le Directeur général de l’OMS Margaret Chan signent le ballon de football «Kick Out Polio of Africa» (boutons la polio hors d’Afrique !) lors du lancement du Plan stratégique 2010-2012 de l’IMEP à Genève.






La flambée de polio au Tadjikistan : un douloureux rappel de la menace que représente cette maladie


La vaste flambée de polio qui a handicapé plus de 400 enfants au Tadjikistan est en train de s’éteindre, grâce à quatre campagnes de vaccination de masse successives.

Tragique rappel de la vigilance indispensable pour combattre la polio, cette série de cas est la première flambée majeure dans une région certifiée exempte de la maladie et résulte de l’infection d’une population sous-immunisée par des poliovirus sauvages type 1 provenant de l’Inde encore endémique.

Le 23 avril, le Laboratoire russe de référence a attesté l’existence de la flambée après avoir confirmé que le pic observé parmi les cas de

Présence du poliovirus sauvage au Tadjikistan en 2010
  paralysie flasque aiguë rapportés était en fait un pic de polio. Le Tadjikistan fait partie de la Région européenne de l’OMS, qui a été certifiée exempte de polio en 2002. Les derniers cas indigènes de polio au Tadjikistan remontaient à 1997.

En réponse à cette flambée, une équipe d’experts en médecine clinique, en épidémiologie et en virologie a été envoyée dans le pays pour aider les autorités nationales à mettre en œuvre la Stratégie d’administration d’une dose supplémentaire dans un intervalle court - ce qui a permis de vacciner 1,1 million d’enfants de moins de 5 ans avec deux doses de vaccin antipoliomyélitique oral monovalent contre le type 1, à deux semaines d’intervalle, afin d’augmenter rapidement les niveaux
  d’immunité, puis tous les enfants de moins de 15 ans avec deux doses supplémentaires. Les pays voisins du Tadjikistan ont pris des mesures de précaution, dont la vaccination des enfants et l’intensification de la surveillance en Afghanistan, au Kirghizistan, au Turkménistan et en Uzbekistan.

L’ampleur de la flambée au Tadjikistan conduit ce pays à dépasser en termes de morbidité due à la polio tous les autres pays touchés par cette maladie, en totalisant plus de 80 % des cas de polio recensés dans le monde cette année. Jusqu’à ce que la poliomyélite soit éradiquée, tout pays court un risque d’importation et une forte immunité de la population est la seule protection contre les flambées de grande ampleur.

- Rod Curtis/OMS









Le Rotary réunit $ 141 millions pour réaliser sa vision


L a promesse du Rotary d’éradiquer la polio à l’échelle mondiale a tenu le devant de la scène le 22 juin, lors de la Convention internationale 2010 de cette Fondation, à Montréal (Canada), au cours de laquelle les rotariens ont été incités à achever la mission qu’ils avaient entamée 25 ans plus tôt.

Le Dr Bruce Aylward, Directeur de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite à l’Organisation mondiale de la Santé, a encouragé les participants à partager la «formidable nouvelle» : le monde sans polio voulu par le Rotary serait à portée de vue.

Le soir précédent, le survivant de la polio et rotarien Ramesh Ferris avait constitué un cercle de personnes se tenant par la main qui allait du Palais des Congrès au Marché Bonsecours dans le vieux Montréal, dans le cadre d’une cérémonie unique qui comprenait l’illumination du bâtiment par un slogan : En finir avec la polio. Lors de la cérémonie d’illumination, le Rotary a annoncé que plus de US $ 141 millions avaient été réunis sur la voie des 200




  millions de dollars qu’il s’était fixé comme objectif de lever pour répondre à la subvention défi accordée par la Fondation Bill et Melinda Gates.

Plus tard dans la soirée, un ballon de football signé par des dignitaires de plus de 20 pays africains dans le cadre de la campagne «Kick Polio Out of Africa» est arrivé sur la scène sous des tonnerres d’applaudissements. Marie-Iréné Richmond-Ahoua, Présidente du Comité Polio Plus de Côte d’Ivoire et membre du Rotary Club d’Abidjan-Bietry, a présenté au Président du Rotary International, John Kenny, le ballon à signer.

«L’éradication de la poliomyélite n’est pas une option - c’est une obligation», a affirmé Mme Richmond-Ahoua. «Nous devons nous engager à surmonter les obstacles restants et à libérer l’Afrique, l’Asie du Sud-est et le monde de cette maladie invalidante, qui ruine la vie des enfants. En tant que femme et mère africaine, je ne le tolérerai pas qu’elle continue à sévir».

- Petina Dixon-Jenkins/Rotary



 

Ramesh Ferris, qui en 2008 a parcouru le Canada en invitant les gens à former des cercles et a réuni ainsi plus de $ 300 000 en faveur de l’éradication de la polio, se tient devant le slogan lumineux du Rotary : «En finir avec la polio».







Anthony Lake prend la direction de l’UNICEF


L e 1er mai 2010, Anthony Lake est officiellement devenu le sixième Directeur général de l’UNICEF. M. Lake n’a pas perdu de temps pour affirmer son engagement pour l’éradication de la polio, s’envolant pour Genève un mois après son intronisation afin de rejoindre l’OMS, le Rotary, les CDC et la Fondation Bill et Melinda Gates et de participer au lancement formel du Plan stratégique 2010-2012 pour l’éradication du poliovirus sauvage.

«L’éradication complète de la polio est un objectif absolu» a annoncé M. Lake aux principales parties prenantes réunies et «elle exige un engagement total de chacun de nous».

Les liens du nouveau Directeur général avec l’UNICEF sont déjà anciens car il a siégé neuf ans au conseil d’administration du Fonds américain pour l’UNICEF, en assumant le mandat de Président de 2004 à 2007.






  Il dispose d’une vaste expérience du développement international et des droits des enfants grâce à sa collaboration permanente avec des organisations non gouvernementales depuis une quarantaine d’années. Au cours de cette période, il a dirigé l’organisme International Voluntary Services, joué le rôle de conseiller international auprès du Comité international de la Croix rouge et siégé aux Conseils d’administration de Save the Children et de l’Overseas Developement Council.

Après avoir servi comme Conseiller national pour la sécurité sous la présidence de Bill Clinton (1993-1997) et comme Directeur de la planification des politiques dans l’administration du Président Carter (1977-1981), il a occupé plus récemment le poste d’Envoyé spécial du Président des États-Unis en Haïti, en Éthiopie et en Érythrée, puis de conseiller principal de politique étrangère pour la campagne présidentielle de M. Barak Obama.







Bill Gates constate par lui-même les progrès au Nigéria et en Inde


L es progrès énormes réalisés par le Nigeria et l’Inde dans la lutte contre la polio représentent une occasion unique d’achever l’éradication de cette maladie». C’est l’avis exprimé par Bill Gates, coprésident de la Fondation Bill et Melinda Gates, après avoir visité, en mai et juin, les principales régions d’endémie de la polio que sont le Bihar en Inde et la région de Kano au Nigéria.

En Inde, Bill Gates s’est rendu en bateau jusqu’au village reculé de Guleria pour constater par lui-même les énormes obstacles rencontrés dans l’État du Bihar pour éradiquer la polio. Tout en reconnaissant la difficulté d’atteindre chaque enfant le long de la plaine inondable du Kosi, il a été frappé par la qualité et la portée du programme indien de lutte contre la polio, qui, selon lui, n’est égalé par aucun autre programme national dans le monde.
  Au Nigéria, Bill Gates a rendu hommage à l’effort collectif des dirigeants politiques, traditionnels et religieux, dont le soutien depuis sa dernière visite en février 2009 pour assister à la signature des Accords d’Abuja en faveur de l’éradication de la polio, a été un facteur clé dans la réduction de 99 % du nombre des cas en 2010.

«Tous les Nigérians doivent être fiers des récents progrès faits par leur pays dans la lutte contre la polio» a affirmé Bill Gates. «Grâce à l’engagement de ses dirigeants politiques, traditionnels et religieux, au dévouement de son personnel soignant et à l’amour de ses parents qui veulent protéger leurs enfants, le Nigéria est en voie d’éliminer cette maladie».

- Melissa Covelli/Fondation Bill et Melinda Gates


 

Bill Gates se rend par bateau
dans le village reculé de Guleria.




La Corne de l’Afrique encore une fois débarrassée de la polio


La Corne de l’Afrique est exempte de polio puisque le Soudan, le Kenya et l’Ouganda n’ont rapporté aucun cas de poliovirus sauvage pendant plus d’un an.

La flambée a débuté en 2008, après la réapparition du poliovirus sauvage type 1 dans la zone frontière entre le Sud du Soudan et l’Éthiopie. Début 2009, la flambée s’est étendue à Port-Soudan, au Kenya et à l’Ouganda. Les cas apparus à Port-Soudan ont inquiété tout particulièrement les autorités internationales car c’est à partir de cette zone, de 2004 à 2006, que le poliovirus sauvage type 1 s’était répandu pour réinfecter plusieurs pays, dont l’Arabie saoudite, la Somalie, le Yémen et l’Indonésie. Floris Oudshoorn









  Néanmoins, la mise en œuvre rapide de campagnes de ratissage dans le Nord du Soudan, du Kenya et de l’Ouganda, suivies par des activités de vaccination multiple, bénéficiant chaque fois d’un engagement politique de haut niveau, a permis de stopper la flambée en l’espace de six mois - et la région est maintenant restée exempte de polio pendant plus de 12 mois depuis le dernier cas.

Reconnaissant que l’épicentre de la flambée était le Sud-Soudan, le Président du Gouvernement de cet État, son Excellence le Général Salva Kiir Mayardit, a lancé un «plan d’action du Président pour l’éradication de la polio», incitant tous les gouvernements fédéraux et les responsables de comté et de district, à superviser personnellement la qualité des opérations de riposte à la flambée dans leur zone. Des activités de vaccination multiple ont été organisées et le Soudan a notifié son dernier cas le 27 juin 2009.

L’Ouganda s’est attiré des éloges pour la rapidité avec laquelle il a pleinement mis en œuvre les normes de riposte aux flambées, en menant une opération de ratissage autour des cas indicateurs dans les jours suivant leur confirmation, suivie d’activités de vaccination multiple de haute qualité, sans qu’aucun cas ne soit rapporté depuis le 10 mai 2009.

Le Kenya, qui est exempt de polio depuis 1984, est venu à bout de la flambée en appliquant la Stratégie d’administration d’une dose supplémentaire dans un intervalle court aux populations à haut risque du Turkana en leur distribuant des doses multiples de vaccin antipoliomyélitique oral à deux semaines d’intervalle. Le résultat a été immédiat et le dernier cas de polio a été rapporté au Kenya le 30 juillet 2009. L’Éthiopie est exempte de poliovirus sauvage depuis 2008 et la Somalie depuis 2007.

- Oliver Rosenbauer/OMS










L’Afrique s’unit contre la polio


Les Africains se sont donnés la main et ont ouvert leurs frontières pour affronter la polio cette année lorsque 400 000 volontaires et agents de santé de 19 pays africains ont vacciné 85 millions d’enfants en un week-end de mars - puis ont répété cet exercice en avril - dans le cadre d’une campagne coordonnée pour mettre fin à la flambée de poliovirus sauvage, qui fera date dans l’histoire.

Le 6 mars, puis à nouveau le 24 avril, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la république centrafricaine, le Cap-Vert, le Tchad, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Libéria, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria, le Sénégal, le Sierra Leone et le Togo ont fait front ensemble pour combattre la polio, vaccinant leurs enfants de moins de 5 ans en l’espace de trois jours.

D’après le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, le Dr Luis Gomes Sambo, cette



  campagne synchronisée a montré la détermination de l’Afrique à se débarrasser de la polio. «Dans chaque pays, du niveau de gouvernance le plus élevé à l’administration locale de district», déclare-t-il, «nous sommes tous personnellement responsables du destin des enfants africains - pour que chacun d’entre eux soit vacciné et que la couverture vaccinale obtenue soit élevée».

Dans nombre de cas, les campagnes ont été lancées par le Président, le Premier Ministre ou la Première Dame et une couverture médiatique importante a permis d’avertir un grand nombre de parents de l’action menée contre la polio.

La première échéance du Plan stratégique de l’IMEP 2010-2012 prévoit que tous les pays ayant subi la flambée (flambée apparue en 2009) aient mis fin à la transmission de la polio d’ici mi-2010.

- Michelle Ng/Columbia University



 





Le Tchad déclare la guerre à la polio


J e suis déterminé et je déclare aujourd’hui la guerre à la polio» a annoncé le Président du Tchad, Idriss Deby Itno, lorsqu’il a lancé les Journées internationales de vaccination de mars, dans le cadre d’une cérémonie spéciale organisée dans la capitale N’Djamena, en vaccinant un enfant devant les hauts responsables politiques du pays et les médias.

Le Président Deby Itno a appelé la nation entière - «et en particulier les gouverneurs, les autorités administratives, les chefs traditionnels, les sultans, les chefs de canton, et tous les bureaux décentralisés des ministères, ainsi que les unités de défense et de sécurité, à se lever comme un seul homme pour assurer le succès de la vaccination. C’est la vie de nos enfants qui est en jeu».

Il a également appelé les journalistes à sensibiliser l’opinion publique et le Ministère de la santé à être vigilant en mettant fin aux activités de vaccination de basse qualité. «Il s’agit de nos enfants», a-t-il rappelé, «je demande à nos sœurs, à nos mères, à nos

  pères et à nos frères de vacciner nos enfants pour que notre population soit en bonne santé».

Le Président Deby Itno a été rejoint par l’actrice hollywoodienne et Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, Mia Farrow, qui s’est rendue au Tchad pour soutenir la campagne de vaccination nationale - dans le cadre du programme synchronisé de vaccination contre la polio visant 85 millions d’enfants dans 19 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.

président idriss deby OMS/Tchad
  Le Président a aussi annoncé son intention de contribuer à hauteur d’environ US $ 7,8 millions aux efforts pour appuyer la vaccination, et notamment pour éradiquer la polio au Tchad. Après l’appel du Président, les 22 gouverneurs provinciaux, ainsi que les chefs traditionnels et religieux, les responsables militaires de haut niveau et les représentants de la société civile de l’ensemble du pays, se sont réunis pour examiner et repenser les efforts d’éradication de la polio dans le pays et ensuite réaffirmer leur engagement en signant la «Déclaration de N’Djamena pour l’éradication de la polio au Tchad».

- Rod Curtis/OMS






Le Président du Tchad, Idriss Deby Itno, vaccine un enfant en portant le chapeau jaune des vaccinateurs du Rotary.





La polio en déroute au Nigéria et en Inde


L ’important recul de la polio récemment enregistré au Nigéria et en Inde s’est poursuivi au cours des deux premiers trimestres de 2010.

Au 20 juillet 2010, il y avait eu six cas dans l’année au Nigéria - contre 346 à la même date, l’année précédente. En Inde, il y avait eu 24 cas à cette date, contre 136 l’année d’avant.

Mais ce ne sont pas seulement les chiffres qui enthousiasment les observateurs internationaux - dans les deux pays, les principales zones d’endémie n’ont notifié aucun cas pendant des mois. En Inde, les Etats restés endémiques de l’Uttar Pradesh et du Bihar n’ont rapporté (au 20 juillet) aucun cas de type 1 depuis novembre 2009. La région de Kano au Nord du Nigéria, qui, pas plus tard que l’année dernière, était l’épicentre mondial de la polio de type 1, n’a notifié aucun cas depuis plus de 12 mois.





  Dans l’un et l’autre pays, les poches en voie de disparition de poliovirus sauvage ont été la cible de stratégies visant spécifiquement une zone ou une population et décrites dans le Plan stratégique 2010-2012 de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio, dont l’objectif était de maximiser le nombre d’enfants vaccinés par les activités de vaccination supplémentaires. En outre, le vaccin antipoliomyélitique oral bivalent s’avère capable, après une seule dose, de procurer une immunité contre les sérotypes 1 et 3.

Un trompettiste traditionnel annonce la présence de l’équipe de vaccination contre la polio dans les rues de Kano, au Nord du Nigéria.

  Rod Curtis







Kanu veut bouter la polio hors du Nigéria


Le capitaine de l’équipe de football du Nigéria, Nwankwo Kanu, a pris le temps, au milieu des préparatifs de la Coupe du monde en Afrique du Sud, de rappeler aux parents du Nigéria un objectif valable pour toutes les générations : «J’ai marqué de nombreux buts pour mon pays» a dit l’attaquant de 33 ans dans une série de communiqués du service public, diffusés à la radio et à la télévision nigériane. «Mais il y a un autre but que je veux marquer : je veux bouter la polio hors du Nigéria».
Kanu aims to kick polio out of Nigeria
  Dans ces communiqués, Kanu appelle les parents dans tout le Nigéria à jeter la polio à la poubelle de l’histoire. «La plupart des pays d’Afrique se sont débarrassés de cette maladie», déclare-t-il, «Il faut en faire autant. Soyez de bons parents. Faites ce que j’ai fait et vaccinez vos enfants contre la polio».

Kanu est le footballer africain le plus décoré de l’histoire, après avoir remporté la Ligue des champions de l’UEFA, la Coupe de l’UEFA, le titre de Premier de la Ligue et la Coupe d’Angleterre, avoir conduit l’équipe du Nigéria jusqu’à l’or olympique et avoir gagné deux fois le titre de Joueur africain de l’année.

Même s’il arrive à la fin de sa carrière internationale, Kanu demeure un personnage extrêmement influent au Nigéria et n’a pas hésité lorsqu’on lui a demandé de participer au combat du Nigéria contre la polio. «Je suis conscient que je représente un modèle» a-t-il répondu. «En tant que footballeurs, les enfants nous regardent. Si cela peut contribuer à ce qu’ils soient vaccinés en plus grand nombre contre cette maladie, c’est une bonne chose».










Rod Curtis





Le ballon «Kick Polio Out of Africa» a achevé son périple


Un ballon de football, d’abord frappé dans la ville du Cap par l’Archevêque Desmond Tutu - lui-même un survivant de la polio -, a finalement atterri à Montréal, au Canada, à la Convention internationale du Rotary qui s’est tenue en juin. Entretemps, le ballon a traversé 22 pays africains, dans lesquels il a été signé par 22 dignitaires, donnant ainsi un nouvel exemple de l’unité du continent africain dans la lutte contre la polio.

En 1996, l’ancien Président de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela, a formellement lancé la campagne de sensibilisation «Kick Polio Out of Africa» (Boutons la polio hors d’Afrique). Le logo de cette campagne, montrant un enfant expulsant d’un coup de pied un ballon hors du continent africain, est imprimé sur le côté des boîtes froides transportées par les équipes de vaccination à travers l’Afrique dans leurs campagnes de vaccination contre la polio. Il est maintenant étroitement associé à l’effort d’éradication de cette maladie.

Rotary International a profité de l’implication de Nelson Mandela - et de l’accueil par l’Afrique du Sud des premières finales africaines de la Coupe du Monde - pour engager les dirigeants
  africains dans la bataille contre la polio. Cependant, personne n’avait prévu que le périple du «ballon» aurait un tel retentissement.

Dans chaque pays, le Président, le Premier Ministre ou le Ministre de la santé ont pris le temps de signer le ballon. Au Tchad, le Président Idriss Deby Itno a différé une visite officielle internationale pour apposer sa signature. Bill Gates a paraphé le ballon lors d’une visite au Nigéria pour examiner sur place le programme de lutte contre la polio.

Le voyage du ballon pouvait être suivi en ligne sur le site www.kickpoliooutofafrica.org, où 10 616 personnes avaient rejoint les dirigeants africains en le signant virtuellement. Cette campagne a aussi contribué pour une grande part à la levée de fonds en aidant le Rotary à réunir $ 200 millions en réponse à la subvention défi de $ 355 millions consentie par la Fondation Bill et Melinda Gates.

- Michelle Ng/Columbia University

 





L’Afghanistan et l’Inde mettent hors jeu la polio au tournoi mondial de cricket


Cornelia Walther

S i L’Afghanistan et l’Inde se sont affrontés sur le terrain dans le cadre de l’International Cricket Council World Twenty20, qui s’est déroulé à Ste Lucie, leurs équipes se sont rejointes en dehors de l’arène sportive pour exprimer leur soutien à l’éradication de la polio.

A la veille du premier match historique de leurs équipes, le batteur indien Suresh Raina et le capitaine afghan Nowroz Mangal ont échangé des battes de cricket «Bow Out Polio», autographiées par les membres de chaque équipe pour témoigner de la solidarité régionale dans la campagne d’éradication de la polio en Inde et au Pakistan.

L’Afghanistan - dont c’est la première participation à un tournoi de ce niveau - a certes perdu le match, mais le succès de cette rencontre va bien au-delà du terrain de cricket. Les équipes ont montré qu’un partenariat régional était indispensable pour éliminer cette maladie qui handicape et tue de jeunes enfants et reste endémique en Inde, en Afghanistan et au Pakistan.

  Le capitaine indien Mahendra Singh Dhoni a insisté sur le fait que tant que le virus de la polio continuerait de se transmettre en Inde et en Afghanistan, les pays voisins seraient exposés à un risque de réinfection. «Si nous n’en finissons pas avec la polio en Inde, le reste du monde va souffrir», a affirmé Dhoni et «Rien n’est plus important que l’avenir de nos enfants».

L’Inde se rapprochant de l’objectif d’éradication, la fréquence des tournées de vaccination s’est intensifiée pour renforcer le plus possible l’immunité contre cette maladie.

En Inde, les joueurs de cricket sont fortement impliqués dans l’effort d’éradication de la polio depuis 2003, date à laquelle la Campagne «Bowl Out Polio» (Mettre la polio hors jeu) a été lancée par Sourav Ganguly, Rahul Dravid et Zaheer Khan. Aujourd’hui, l’équipe fait la promotion du vaccin antipoliomyélitique oral à travers le pays.




 

Le batteur indien Suresh Raina et le capitaine afghan Nowroz Manga échangent des battes de cricket «Bowl Out Polio» dans un exemple sensationnel de soutien régional à l’éradication de la polio.


Le joueur afghan Raees Ahmadzai pense que la vaccination n’est pas une question négociable. «Mon avenir en tant que joueur de cricket a été assuré il y a longtemps», affirme-t-il, «j’ai été vacciné contre la polio lorsque j’étais enfant».

Ensemble, les joueurs de cricket indiens et afghans ont montré qu’un pays à lui seul ne peut éradiquer la polio - comme au cricket, gagner la partie exige les efforts réunis d’une équipe.

- Cornelia Walther & Sherine Guirguis/UNICEF















Lorsque traquer le poliovirus revient à chercher une aiguille dans une botte de foin


Une fois par semaine, dans les quartiers les plus peuplés de New Dehli et de Mumbai, des équipes d’individus portant des tabliers et des gants se tiennent ensemble sur les ponts, plongeant précautionneusement des seaux dans les eaux courantes des égouts à ciel ouvert. C’est un tableau qu’on retrouve au Pakistan, en Égypte, au Sénégal et en Indonésie.

Il est interdit aux passants de leur serrer la main. On dirait qu’ils pêchent dans un égout et c’est effectivement le cas. Ils tentent de pêcher le poliovirus sauvage.

Le «prélèvement environnemental» est devenu une stratégie clé dans la chasse aux derniers réservoirs, de plus en plus réduits, de la polio dans le monde. Sur 1000 enfants infectés par le virus de type 3, un seul sera paralysé, ce qui signifie que les 999 enfants restants seront porteurs du virus de manière silencieuse et pourront infecter des communautés entières. De même, seul un enfant sur 200 infectés par le virus de type 1 sera atteint de paralysie. Les prélèvements d’eau usée permettent à l’Initiative pour l’éradication de la polio de déterminer sans ambiguïté si le virus circule dans une ville ou un village qui, par ailleurs, semble sain.

D’après le Dr Esther de Gourville, Chef d’équipe au Réseau mondial de laboratoires pour la poliomyélite, le prélèvement environnemental, couplé à un réseau de surveillance active de la maladie permettant d’identifier et de dépister les enfants paralysés, aide l’Initiative pour l’éradication de la poliomyélite à refermer le filet sur cette maladie.

«Si vous imaginez l’infection par le poliovirus comme un iceberg dont les cas de paralysie forment le sommet visible, le prélèvement environnemental est le moyen de voir ce qui se cache sous la surface» dit-elle, «car la grande majorité des enfants infectés par la polio ne seront pas paralysés».

Une fois collectés, les échantillons sont rapidement placés dans des boîtes froides et transportés dans l’un des 145 laboratoires du Réseau de laboratoires de l’IMEP. Un de ces laboratoires à New Dehli a trouvé trois échantillons positifs depuis le début des analyses en mai - malgré l’absence de cas de polio dans cette ville cette année. Ces échantillons positifs permettent à l’IMEP de déterminer avec exactitude où la polio se propage et d’alerter la communauté médicale pour qu’elle renforce la surveillance de la paralysie flasque aiguë et ajuste en conséquence les plans de vaccination.

- Rod Curtis/OMS









 

Collecte hebdomadaire d’échantillons environnementaux
en vue de leur analyse en laboratoire en Inde.











La Région OMS des Amériques achève la phase I du confinement


Destruction de matières contenant des poliovirus sauvages

En mars 2010, la Région OMS des Amériques (AMR) a officiellement achevé la phase I du confinement du poliovirus sauvage, rejoignant ainsi la Région du Pacifique occidental (WPR) et la Région européenne (EMR) dans la réalisation de cette phase.

Une enquête a été menée auprès d’environ 60 000 laboratoires et instituts biomédicaux de 43 pays et territoires et, au total, on a constaté que 215 établissements appartenant à neuf pays détenaient des matières contenant des poliovirus sauvages.

L’état des matières contenant des poliovirus sauvages conservées dans ces 215 établissements sera suivi de près par la troisième édition du Plan d’action mondial pour la réduction des risques associés aux établissements conservant du poliovirus (GAPIII), qui définira la stratégie pour poursuivre le confinement.


  La phase II du confinement, qui débutera lorsque la polio sera éradiquée dans un des quatre pays d’endémie restants, prévoit l’établissement par les Etats Membres de politiques à long terme pour la destruction et/ou le confinement des matières contenant des poliovirus sauvages afin de limiter le plus possible le nombre d’établissement détenant de telles matières.

Une fois qu’une année se sera écoulée sans qu’apparaisse dans le monde un seul cas de poliovirus sauvage, la détention de matières contenant des poliovirus sauvages sera limitée à quelques établissements, indispensables pour organiser l’arrêt mondial de la production du vaccin antipoliomyélitique oral (VPO). Au moment de l’arrêt de ce vaccin, tous les poliovirus vivants, y compris le VPO et les virus apparentés, seront confinés, réglementés et détenus de manière restrictive dans quelques établissements.

- Michelle Ng/Columbia University
















Le déficit de financement menace les progrès


Le nouveau plan stratégique pour éradiquer la polio d’ici à 2013 est déjà compromis par un manque de fonds, même si les nouvelles approches exposées dans ce plan fournissent une possibilité sans précédent de finir le travail, compte tenu des progrès historiques contre la maladie enregistrés par les principaux pays d’endémie.

Le 1er août 2010, le programme pour l’éradication de la polio a été confronté à un déficit de financement de $ 1,3 milliard, qui a déjà conduit à réduire de 25 % les fonds alloués à des activités clés comme la surveillance de la maladie et à abréger ou à différer des campagnes de vaccination ou encore à revoir leurs priorités. US $ 233 millions sont encore nécessaires pour 2010.

Après plusieurs tournées de campagnes de vaccination synchronisées à travers l’Afrique de l’Ouest, les AVS prévues dans les pays exempts de polio ont été différées ou abrégées pour minimiser le risque de pénurie de fonds.
  Des décisions pour modifier les activités de vaccination sont en cours d’élaboration sur la base des données épidémiologiques. Elles devraient donner la priorité aux activités dans les zones les plus à risque (pays d’endémie et pays où il y a eu une reprise de la transmission). Pour réaliser la première étape du nouveau plan stratégique 2010-2012 (mettre fin d’ici 2010 à toutes les flambées de polio apparues en 2009), des activités ont été menées en juin au Burkina Faso, en Gambie, en Guinée, au Libéria, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal.

Les activités de riposte au Tadjikistan et dans les pays environnants absorbant une grande part du fonds flexible préservé pour les urgences, il est urgent de reconstituer un fonds flexible supplémentaire. Bien que des fonds supplémentaires soient attendus au troisième trimestre, les activités de vaccination supplémentaire continueront de subir des ajustements jusqu’à ce que les déficits de financement soient totalement comblés.







Le message «End Polio Now» illumine le monde


Pendant la semaine du 23 février - en l’honneur du 105e anniversaire du Rotary - des monuments emblématiques à travers le monde ont été illuminés avec le slogan en forme de défi du Rotary «End Polio Now» (En finir avec la polio). Dans le cadre d’une cérémonie qui devient une tradition populaire, le message incitant à l’éradication de la polio a été projeté sur des monuments, parmi lesquels :
• l’immeuble Wrigley à Chicago
(Illinois, États-Unis d’Amérique)
• la pyramide de Khafré à Gizeh (Égypte)




  • le Tower Bridge à Londres (Angleterre)
• l’Obélisque à Buenos Aires (Argentine)
• le Taipei 101 à Taipei (Taïwan)
• la cathédrale de Saint-Jacques-de-
Compostelle (Galice, Espagne)
• la Torre de Ayuntamiento de Alcoy à Alicante (Espagne)
• l’église de Saint Jean Baptiste à Arucas (Canaries)
• le château Visconti à Abbiategrasso (Italie)
• le palais royal à Caserta (Italie)
• la capitainerie du Vieux port du Cap
(Afrique du Sud)




  • les chutes d’Iguaçu à Foz do Iguacu (Brésil)
• Lac Marathon (Grèce)
• le Castel dell’Ovo à Naples (Italie)
• le SM Mal of Asia à Manille (Philippines)
• le Queen’s Road Central à Hong Kong
• la cathédrale de Gloucester (Angleterre)
• Ancien Opéra, Francfort (Allemagne)

End Polio New est un message nouveau qui s’affiche sur une toile de fond ancienne : le château écossais Eilean Donan le diffuse fièrement.










Le financement domestique à égalité avec les promesses de don du G8

 

Contributions domestiques
pour 2010


Les engagements financiers des pays infectés par la polio pour faire face au virus à l’intérieur de leurs frontières amènent le financement confirmé et projeté pour la période 2010-2012 issu de ressources domestiques au même niveau que le financement confirmé et projeté apporté par les donateurs du G8, les deux catégories de fonds représentant environ 28 % du total des contributions confirmées et projetées à l’IMEP pour cette période. L’Inde à elle-seule donnera plus de US $ 150 millions par an, tandis que le Nigéria contribuera pour près de US $ 20 millions.

Le G8 s’est réengagé à éradiquer la polio en juin, lors du Sommet de Mukoka au Canada, et des tractations sont en cours pour transformer cet engagement en financement ferme : les fonds alloués par le G8 ont baissé : ils représentent pour la période 2010-2012 28 % des contributions à l’IMEP contre 62 % en 2003-2005.


 





Publications et ressources sur www.polioeradication.org


publications and ressources

• Plan stratégique de l’IMEP 2010-2012
• Rapport, conclusions et recommandations du SAGE d’avril 2010
• Le CDC Mortality and Morbidity Weekly Report résume les progrès
du Nigéria de janvier 2009 à juin 2010
• Numéro 6 de Polio Pipeline, été 2010
  • Travaux de recherche publiés sur l’accessibilité économique des vaccins antipoliomyélitiques inactivés
• Travaux de recherche publiés évaluant l’offre et la demande mondiales en vaccins antipoliomyélitiques inactivés après l’éradication
• Rapport d’avancement à l’Assemblée mondiale de la Santé





Nouvelles contributions/projections
reçues pour la période 2010-2012

 

Évènements


Chiffres en dollars US

Données du 14 Mai 2010
  • 20 août : Staff Benda Bilili se produit à Genève
• 22-24 septembre : réunion du Réseau mondial de laboratoires pour la poliomyélite à Genève
• 27-28 septembre: réunion du Comités d’experts sur l’éradication de la poliomyélite (ERC) au Nigéria
• 9-11 novembre : réunion du SAGE à Genève
• 1-3 décembre : réunions du CCEP et de l’équipe de gestion des activités de lutte contre la polio à Genève
• 9 décembre : réunion VPO/VPI à Genève
• 16-19 décembre : réunion du Comité d’experts à New Dehli
• 17-25 janvier : réunion du Conseil exécutif de l’OMS à Genève










Citation


«Maintenant tout se résume à ça : nous entamons le chapitre ou l’offensive final dans le combat pour débarrasser le monde d’une tueuse qui a dévasté des millions de vies. Et nous avons tous l’opportunité réellement historique - et même le devoir historique - d’écrire ensemble ce chapitre final et d’éradiquer la polio pour toujours».

Anthony Lake, Directeur général de l’UNICEF






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